Clotilde : Peux-tu te présenter toi et ton entreprise Nuti ? D’où t’es venue l’envie, la motivation de créer Nuti ?
Olivia : Moi c’est Olivia, j’ai 27 ans. J’étais graphiste avant et je me suis rendue compte que ce n’était pas vraiment un métier qui me convenait. En parallèle de ça, j’ai été diagnostiquée du trouble du spectre de l’autisme, mais aussi du TOA (Trouble de l’oralité alimentaire). Le TOA, c’est un trouble alimentaire qui est souvent présent dès l’enfance, mais qui peut arriver aussi plus tard. Pour mon cas, il m’est apparu dès mon enfance et, ça a répondu à pas mal de questions sur mes problèmes d’alimentation. À la période où j’ai été diagnostiquée j’étais en pleine réflexion sur le fait de me lancer dans l’entrepreneuriat et je voulais quelque chose qui m’intéressait. Je me suis intéressée du coup à ce sujet-là et j’ai découvert ce qui se passait actuellement pour ces enfants qui vivaient ce que moi, j’avais vécu aussi. Je me suis dit que ce serait une super idée de trouver des solutions, que moi je n’ai pas eues notamment, et de leur donner des kits pour les aider, pour permettre à ces enfants de développer leur alimentation beaucoup plus facilement avec de vrais outils.
Clotilde : Actuellement, tu es en phase de test auprès des familles pour l’élaboration des produits Nuti : comment cela se passe ? quelle est ton approche avec Nuti pour aider les enfants (et les parents) face aux difficultés qu’ils peuvent rencontrer dans leur alimentation ?
Olivia : Dès le départ, j’ai voulu que le projet soit hyper personnalisé pour les enfants atteints de TOA, en répondant vraiment aux problématiques des parents et des enfants directement. On a commencé à lancer le projet sur Facebook, et ça nous a permis de rentrer en contact avec des parents et des enfants qui vivaient réellement des problématiques au quotidien. Et c’est à partir de cette communauté-là qu’on a tout construit. Aujourd’hui, on propose à la fois des produits alimentaires et des jeux, dans une approche en co-construction complète avec les familles. C’est moi qui porte le projet, mais c’est un projet qui est aussi fait par les parents et pour les enfants. Par exemple, j’ai échangé avec des parents qui m’ont donné les contacts de leur propre orthophoniste avec qui, au final, nous avons collaboré pour réaliser des jeux. J’ai des parents qui sont venus aux premières dégustations des produits. Nous avons aussi fait déguster les premiers produits aux parents avec qui nous avons échangé et nous avons prévu, une fois que les produits seront terminés, de leur envoyer des packs pour qu’elles nous fassent leurs retour sur les produits et qu’on puisse les ajuster avant de les commercialiser. Nous avons vraiment à coeur de co-construire nos produits avec les parents en fonction de ce que veulent les enfants et de ce qu’ils acceptent.
Clotilde : L’un de tes enjeux avec Nuti et de proposer des repas sains et nutritifs, dans une approche respectueuse de l’environnement : peux-tu nous en dire plus ?
Olivia : Si je suis installée à Darwin, au Campement, ce n’est pas pour rien. Les valeurs de Nuti sont liées au local et au respect de l’environnement. L’idée, c’est de ne pas faire produire à l’autre bout du monde, ni d’utiliser des matières premières qui ne viennent pas de chez nous. C’est dans cette logique que je suis entrée en contact avec le laboratoire Agrotech à Agen. Étant moi-même native du Lot-et-Garonne, cette démarche avait tout son sens.
Depuis le début, nous cherchons à développer des recettes composées de produits qui peuvent être 100 % locaux. Mais ça nous arrive de rencontrer quelques problématiques. Par exemple, à un moment nous avons découvert que la compote la plus acceptée était la banane, ce qui n’est pas très local. Mais j’ai aussi une implantation en Haute-Garonne, où une autre entreprise produit de la banane locale cette fois, ce qui nous a permis d’explorer des alternatives. Nous avions même envisagé de supprimer complètement ce produit mais finalement, nous avons réussi à trouver des solutions.
L’objectif reste le même : respecter l’environnement, privilégier le local et le français, et ne pas aller chercher au-delà des frontières. C’est une valeur fondamentale et une véritable essence du projet Nuti.
Clotilde : Il s’est passé beaucoup de choses pour Nuti récemment, pourrais tu partager tes dernières actualités ?
Olivia : J’ai été accompagnée au Campement pour ma première année dans le cadre du programme French Tech Tremplin et l’année a été très remplie ! Nous avons déjà conçu et produit les recettes pour commencer ! Mais nous avons aussi remporté plusieurs concours et nous avons fini l’année 2025 sur une campagne de crowdfunding qui a été un succès. Le bilan est très positif et c’est pour cela que j’ai voulu continuer à être accompagnée au Campement pour les deux prochaines années.
Là on repart sur une année où nous allons vraiment commencer la commercialisation, et la communication à travers les réseaux sociaux, dans l’objectif d’agrandir la communauté. Cette année va être la concrétisation de notre projet donc c’est très motivant.


